Crier Olé est un art!

L’art flamenco selon le guitariste Jheinsen Montalvo en est un qui vient des tripes. Cri du cœur et cri de vie en plus d’être un art du quotidien chez les Gitans andalous, le flamenco a ce pouvoir de tenir ensemble des émotions vives. Il s’agit d’une véritable culture à laquelle Montalvo s’est abreuvé pour renaître et devenir l’artiste qu’il est.

Le jeune guitariste est allé plusieurs mois à Jerez de la Frontera apprendre de son mentor, Niño Jero, originaire d’une famille de Gitans parmi laquelle le flamenco est une réelle interprétation de la vie.

« C’est comme le « Olé! », en tant que musicien, on doit arracher un « Olé! ». Il doit venir du ventre et marquer une réaction vive à ce qu’on ressent à ce moment-là. Le flamenco c’est une connexion avec soi permettant de vivre et de faire vivre le flamenco. »

À l’écouter, je comprends que le flamenco est ce qui pousse Montalvo vers l’avant pour mordre dans la vie avec rythme et passion. Il nous parle d’un sentiment flamenco, d’une intensité qu’il faut vivre pour comprendre.

C’est d’ailleurs à la naissance de son fils Diego qu’il commence à aspirer à un style musical qui lui serait authentique. Le Flamenco-Jazz est apparu comme la combinaison parfaite, ces deux styles musicaux ayant des racines communes, soit l’oppression d’un peuple. L’origine du cajón, la percussion flamenco m’explique Jheinsen, est représentative de cette réalité. En effet, cet instrument afro-péruvien vient des boîtes sur lesquelles frappaient les captifs des négriers, et l’histoire du jazz en est aussi une de combat pour la vie malgré la répression du peuple afro-américain.

Malgré une histoire née d’une même blessure, le défi n’en est pas moins grand, puisque le jazz et le flamenco sont des styles  diamétralement opposés dans la forme. L’idée du Montalvo Flamenko Jazz Quartette est justement de parvenir à adapter la richesse rythmique du flamenco à la richesse harmonique du jazz. Si le jazz est affaire de « feeling », c’est aussi un genre très cérébral, or c’est la façon d’improviser spécifique au jazz que le Quartette œuvre à intégrer au flamenco.

Et à la question de savoir s’il craint une dilution du flamenco dans cette hybridation, Montalvo répond qu’il est dilué depuis toujours étant né d’influences socioculturelles excessivement variées, alors que l’Andalousie a été arabe pendant huit siècles me précise-t-il. D’ailleurs, si ce n’était de son évolution et de la découverte d’autres points de jonction, il serait temps d’annoncer la mort du flamenco…

Mais au contraire, le Montalvo Flamenko Jazz Quartette cherche à donner un souffle nouveau à cet art en s’inscrivant dans une démarche mondiale en quête d’authenticité, ne craignant pas par ailleurs la possibilité d’un renouvellement et d’un contact franc qui transforme des tripes aux rythmiques. Suivant la philosophie de mon ami Jheinsen, je me dis que tout ira pour le mieux du flamenco tant et aussi longtemps que le « Olé! » crié aux musicien.ne.s viendra d’aussi loin que là d’où naît l’émotion!

Olé! y viva Flamenco!

Jeudi à l’Artère coop: le Montalvo Flamenko Jazz Quartette dès 20h!

Retrouvez les aussi à tous les lundis soirs au Dièse Onze Jazz Club entre 18h et 20h.

Par: Camille Caron

L’Artère et vous en 2017

Chers membres et ami.e.s,

Au passage de cette nouvelle année, nous souhaitons vous donner des nouvelles de l’Artère et de nos nombreux projets! Nous souhaitons aussi vous souhaiter une année inspirante et remplie de belles rencontres et découvertes. Nous vous proposons plusieurs occasions pour vous rassembler! Souhaitons-nous aussi de continuer à coopérer: il y a mille et une façons d’appuyer la coop, lisez pour voir!

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L’Artère, coop: l’art de la rencontre de la scène à l’assiette!

 

Nouveau logo, mission précisée et vision claire : l’Artère continue de se réinventer en 2017! Nous tenons d’ailleurs à remercier PME Montréal Centre-Est pour l’accompagnement et le soutien financier accordé en 2016 qui nous aura permis de travailler sur notre plan de communication en partenariat avec la coopérative le RÉSEAU et, un vidéaste et des graphistes professionnels. En ce sens, c’est en tant qu’espace culturel: salle de diffusion multifonctionnelle que l’Artère continue de progresser. De jour comme de soir, l’espace est en location pour vos événements, en plus d’entrer dans la production événementielle professionnelle.

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L’esprit de Tupi Collective

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LE 8 JANVIER, nous vous présentons, dans le cadre de notre Brunch Tropical, un duo unique qui fait vibrer Montréal depuis maintenant quatre ans et demi! Vous les avez peut-être déjà aperçu sur leur Tupicycle dans les parcs de Montréal: Tupi Collective: deux gars allumés, DJ Mks et DJ Skambo, qui transportent avec eux le son authentique du Brésil.

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Du Gnawa pour lancer 2017

yassine-boudouch

Yassine Boudouch, chanteur et joueur de guembri -instrument traditionnel des Gnawas- a connu l’Artère à travers un ami de la coop, Ziad Qoulaii, aussi chanteur, avec qui il était venu assister un soir à un concert. Yassine a trouvé l’endroit très chaleureux et, le 5 janvier prochain, c’est son groupe qui va briser la glace en ouvrant le bal de la programmation 2017 des Milles et Un Jeudis de l’Artère.

Voici une introduction en quelques questions au spectacle qui mettra en scène le groupe Boulila dans un mélange de Gnawa et de sahara fusion.

« Nietzche a dit :  »sans la musique la vie serait une erreur » et je suis d’accord à mille pourcent! » -Y.B.

Photo de L'Artère, coop.

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Les Productions l’Artère par Docteur Bahar

© Kevin Calixte

Docteur Bahar, chargé des Productions l’Artère

DJ, producteur et musicien, Docteur Bahar, d’origine Bengali, est né à Parc-Extension. Tout en ayant grandi dans un milieu où les cultures coexistent et s’influencent, il tire de ses origines une passion pour la musique indienne qu’on retrouve dans les bandes sonores de vieux films bollywood. La diversité culturelle urbaine se reflète dans son exploration musicale des sons jazz, funk, rock et hip hop, mais aussi indien, africain, latin, brésilien et caribéen. Il aime faire voyager entre les styles et les cultures en prenant pour point de départ les beats vibrants de l’Indes, de l’Afrique et de l’Amérique latine.

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Première de Tródzò -Renaître-

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Le 8 décembre prochain, dans le cadre de la série des Mille et Un Jeudis, l’Artère présente la première du spectacle de jazz-togolais Tródzò, signifiant « renaître » en langue Éwé. Tródzò vous convie à un alliage unique de musique traditionnelle togolaise et de jazz, avec à la trompette Elias Kokou, avec qui  je me suis entrenue, à la basse Tom Tartarin, au trombone et à la voix Blaise Margail, aux percussions et à la voix Moise Matey, Parker Mah aux claviers. À l’image du parcours artistique d’Elias, qui l’a mené du Togo à Montréal, le spectacle du 8 décembre reliera les cultures à travers la musique, soit les rythmiques togolaises aux harmonies jazz.

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Amène ta plume #2 -La rencontre-

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Dimanche dernier, sur le thème de la rencontre, nous avons commencé à relier les mondes en écrivant un inventaire de contrastes, en voici quelques-uns :

Mourir d’aimer / Sourire vers soi / Regarder derrière/ Se noyer dans un désert de silence/ Je suis High dans mon sous-sol/ Ne plus vouloir que l’absence de volonté/ Tout le monde veut ce que personne n’a/ Se laisser pénétrer par l’impasse/ La chevauchée immobile/ Un instant d’éternité/ L’océan au ventre/ L’étreinte froide/ L’inconstance durable/ Un marteau élastique/ L’espace atomique/ Une pitoyable victoire/ Art sans forme ni intention/ Antichrist multicolore/ Terminer l’inatteignable/ Une jupe bleue qui ondule dans les feuilles rouges au-dessus de bottes de cuir noires lacées serrées des orteilles aux cheville/ 

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1001 Jeudis pour la diversité culturelle

Pour son cinquième anniversaire, l’Artère se lance dans la production événementielle.

Notre première série, en référence au grand classique littéraire les Mille et Une Nuits, est intitulée les Mille et Un Jeudis. À travers cette production, nous visons à créer une plate-forme de choix pour la diversité culturelle et artistique montréalaise.

Chaque jeudi, la créativité voyage de la scène à l’assiette, alors que les spectacles sont jumelés à une table d’hôte inspirée des saveurs du monde.

Joignez-vous à la danse en participant à nos soirées: contribuez à faire avancer l’histoire!

Danse et célébration avec Taala

Taala montera sur la scène de l’Artère pour notre prochain souper-spectacle Bollywood à l’occasion de la célébration de la fête des lumières Divali. Je me suis entretenue avec la belle artiste pour en apprendre un peu plus sur sa démarche artistique.

Qu’est-ce qui t’as menée vers la danse indienne et le Bollywood?

Tout a commencé par un film : Devdas, présenté au festival de Cannes en 2002. Je l’ai vu au cinéma en 2003, c’était la première fois que je voyais un film indien, et je savais que l’industrie cinématographique était très importante en Inde. Le film durait 3 heures, mais je n’ai pas vu le temps passer! J’étais éblouie par l’excellente photographie du film, la beauté des acteurs, leurs vêtements, les bijoux et surtout par les chansons et les danses! Ce fut une révélation pour moi, et j’ai déniché un cours de Bollywood dans ma région. Ce n’était pas courant à l’époque. Plus je découvrais la culture indienne, plus elle me fascinait, je me suis alors dirigé vers l’apprentissage du Bharatanatyam, danse traditionnelle d’Inde du Sud, pour avoir une formation solide.

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